Affaire Thélyson Orélien : qui est Samuel Fitoussi, l'homme qui affirme être derrière le compte "Balance ton Claude" ?
C'est la question que tout le monde s'est posée lorsque l'affaire "Thélyson Orélien" a éclaté. Qui est derrière "Balance ton Claude" ? En s'appuyant sur le détecteur Pangram, ce compte X a accusé, le lundi 21 septembre, l'auteur québécois d'origine haïtienne de C'était ça ou mourir (Boréal/Grasset) d'avoir utilisé l'IA pour écrire son roman-phénomène de la rentrée littéraire.
Ce jeudi soir, Le Figaro affirmait savoir qui était derrière ce compte : Samuel Fitoussi. Une information de bonne source puisque cet homme, âgé de 29 ans, est chroniqueur au Figaro, pour y signer notamment des satires (son recueil Les valeurs de la République [et autres contes fantastiques] a été publié chez L'Observatoire à la rentrée). Le 29 août dernier, Samuel Fitoussi avait signé une chronique intitulée : Dans un monde où tout le monde écrit avec l'IA, plus personne ne voudra lire. Il est également associé chez "Frst", un fonds d'investissement qui place de l'argent dans l'IA. "Je ne suis pas du tout investisseur dans Pangram", précise-t-il à La Libre.
Samuel Fitoussi a effectué sa scolarité au lycée français Charles de Gaulle de Londres. Le Français est diplômé de Cambridge et titulaire d'un master à HEC. Il s'essaye très tôt à l'écriture, notamment en tenant des chroniques publiées sur sa page Facebook : La Gazette de l'Étudiant qui compte plus de 50 000 abonnés.
Il est également essayiste et a publié, notamment, Woke fiction : Comment l'idéologie change nos films et nos séries (Le Cherche midi – 2023), qui dénonçait, parmi d'autres, l'usage des sensitivity readers aux USA. "Tous nos films et nos séries sont de plus en plus fades. […] On ne veut pas qu'il y ait que des blancs à l'écran. Bien au contraire. On (les anti-wokes, NdlR) veut qu'on arrête de mettre des gens dans les cases, de traiter les individus comme des membres interchangeables d'une catégorie identitaire. Les réalisateurs doivent choisir les meilleurs acteurs, indépendamment de leur couleur de peau", expliquait-il à France Inter en septembre 2023.
Deux ans plus tard, l'auteur a signé Pourquoi les intellectuels se trompent aux éditions de L'Observatoire. Dans ce livre, Samuel Fitoussi parlait de "dizaines de mécanismes à la fois cognitifs, politiques, culturel, sociologiques, qui poussent les intellectuels à l'erreur", présentait-il sur la chaîne YouTube de la librairie Mollat à Bordeaux. "La raison humaine n'a pas été façonnée par l'évolution pour nous mener vers la vérité. Ou en tout cas, pas uniquement pour ça. Mais aussi pour nous permettre de faire bonne figure en société. Souvent, lorsqu'une erreur s'est imposée dans nos cercles sociaux, la raison va nous pousser vers la rationalisation de l'erreur à la mode."
Samuel Fitoussi a aussi signé des chroniques sur Europe 1 (qui appartient depuis 2021 à Vincent Bolloré) pour y parler, notamment, de préférence nationale, d'islam radical ou d'intelligence artificielle. Ce fan de Woody Allen a également co-réalisé un court-métrage, sélectionné au Nikon Film Festival, narré par Pierre Richard : Les Séducteurs. "À terme, j'aimerais écrire et créer, de manière plus ambitieuse", expliquait-il, dans une interview accordée à Actu.fr.
Ce vendredi matin, Samuel Fitoussi a confirmé l'information sur X. Dans un long message, il affirme qu'il s'agit "d'un projet collectif". Il se défend des reproches qui lui ont été adressés : "Aurait-il été plus juste de laisser cet auteur être floué ? Et des milliers de lecteurs être trahis ? Nous avons évidemment de la compassion pour les jours difficiles que doit vivre Orélien, et nous espérons qu'il est soutenu. Mais il nous a semblé être de notre devoir de lancer l'alerte."
Et poursuit : "Quelles étaient nos motivations ? Ceux qui me lisent savent que je mène, depuis un an, une réflexion sur les effets de l'IA sur nos vies. Pourtant plutôt techno-optimiste, je redoute qu'après plusieurs millénaires de civilisation fondée sur l'écrit, l'IA provoque la disparition de la lecture et de l'écriture."
Présent sur les listes des grands prix littéraires, Thélyson Orélien nie avoir utilisé l'IA. Il suspendu sa promotion selon Boréal, même si ses attachées de presse en Belgique n'ont pu, pour le moment, nous confirmer cette information. L'Académie Goncourt a retiré son livre de sa sélection ce vendredi.
Deux enquêtes de La Presse et de Libération, mercredi soir, ont accusé l'auteur québécois d'avoir plagié d'autres auteurs dans des chroniques et une nouvelle. Des textes datant de 2012 et 2014.
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