Le parquet de Lorient vise Le Scouarnec pour 40 agressions sexuelles et 10 viols
20 Minutes avec AFP
Publié le 19/08/2026 à 20h15 • Mis à jour le 19/08/2026 à 20h15
Près de quinze mois après sa condamnation à 20 ans de réclusion, Joël Le Scouarnec fait l’objet d’une nouvelle information judiciaire. Ce mercredi, le parquet de Lorient a annoncé que l’ancien chirurgien était désormais visé pour 40 faits d’agressions sexuelles et 10 faits de viols concernant 48 victimes.
Ces nouveaux faits, qui remontent à une période comprise entre 1987 et 2017, sont tous non prescrits, selon la procureure de Lorient, Laetitia Mirande. Ils concernent des agressions ou des viols « sur mineur de 15 ans ou par personne usant de l’autorité que lui confère sa fonction ». Une enquête préliminaire avait été ouverte en mai 2025 avant la saisine d’un juge d’instruction.
Le parquet a reçu des plaintes complémentaires
Cette nouvelle procédure trouve notamment son origine dans le procès de l’ancien chirurgien à Vannes. La procureure indique que « l’existence de nouvelles infractions est apparue ou a été confirmée » au cours des audiences, tandis que le parquet a également reçu « des plaintes complémentaires ». Joël Le Scouarnec avait notamment reconnu devant son fils aîné des « abus sexuels » sur la fille de celui-ci lorsqu’elle avait environ deux ans.
Agé de 75 ans, Joël Le Scouarnec avait été condamné fin mai 2025 par la cour criminelle du Morbihan à la peine maximale de 20 ans de réclusion. Il avait été reconnu coupable de viols et d’agressions sexuelles commis entre 1989 et 2014 sur près de 300 victimes, pour la plupart des patients mineurs se trouvant en « état d’endormissement » au moment des faits.
Darmanin va rencontrer les victimes vendredi
L’affaire avait éclaté après son arrestation en 2017, à la suite d’une plainte pour viol déposée concernant une voisine de six ans à Jonzac, en Charente-Maritime. Les enquêteurs avaient alors découvert dans ses ordinateurs des journaux intimes dans lesquels l’ancien chirurgien recensait de nombreuses victimes. « On sait que cette affaire est une sorte de puits sans fond », a réagi Manon Lemoine, porte-parole du collectif des victimes de Joël Le Scouarnec.
Notre dossier sur l'affaire Le Scouarnec
Le collectif critique aussi les conditions dans lesquelles ces nouveaux éléments ont été rendus publics. Selon Manon Lemoine, « la justice continue à notre sens de maltraiter les victimes » en n’ayant pas prévenu leurs avocats avant la communication du parquet. Le garde des Sceaux Gérald Darmanin doit rencontrer vendredi à Vannes des victimes de Joël Le Scouarnec, tandis que la procureure de la République a saisi une association d’aide aux victimes afin d’organiser « un temps d’information et d’échanges avec les victimes dans les prochaines semaines ».