Ce trou béant sur la Lune intrigue les scientifiques depuis 2009 : la Nasa va enfin sonder ce qu’il cache
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Publié le 14/10/26 à 07h30
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Sur la face visible de la Lune, un puits béant intrigue les planétologues depuis 2009. La NASA vient de retenir une mission robotisée chargée de sonder ses entrailles au radar, au sismographe et au gravimètre, à la recherche d'un tunnel de lave capable d'abriter les futurs astronautes.
© NASA/GSFC/Arizona State University - Le puits des Marius Hills vu par la sonde LRO. La mission GIMLI cherchera à savoir s’il débouche sur un tunnel de lave.
Comme le nain de Tolkien dont il partage le nom, GIMLI ira fouiller les profondeurs. Le 30 septembre 2026, la Nasa a sélectionné ce projet (Geophysical Instruments for Marius Lunar pit Investigation) parmi trois nouvelles charges scientifiques destinées à préparer Moon Base, son futur avant-poste lunaire. Sa cible : le puits des Marius Hills, creusé dans l'Océan des Tempêtes. Repéré sur les clichés de la sonde japonaise Kaguya, il mesure 58 mètres sur 49 pour une quarantaine de mètres de profondeur, d'après la caméra de l'orbiteur LRO. Les scientifiques y voient une "lucarne", la voûte effondrée d'un ancien tunnel de lave.
Pilotée par le Planetary Science Institute (PSI), basé à Tucson, la mission auscultera le puits depuis ses abords. Un atterrisseur et un rover fournis par une entreprise du programme commercial CLPS y déploieront un radar à pénétration de sol, des capteurs sismiques, un gravimètre et des caméras braquées sur les parois. Honeybee Robotics, filiale de Blue Origin, construira l'essentiel des instruments. Le radar viendra de Norvège, fourni par l'Agence spatiale norvégienne.

Vue oblique du puits des Marius Hills : la sonde LRO a pu apercevoir une cavité sous le rebord.
© Nasa/GSFC/Arizona State University
Le responsable scientifique, Nathaniel "Than" Putzig, mise sur la sismique active, qui consiste à provoquer des vibrations pour lire leurs échos dans le sous-sol. Une méthode "quasiment jamais employée depuis les premiers relevés sismiques menés sur la Lune par les astronautes d'Apollo", souligne-t-il. Aucune date de lancement n'a encore été communiquée.
Un tunnel de lave lunaire, abri naturel des futurs astronautes
Les soupçons remontent à loin. En 2017, une équipe emmenée par Tetsuya Kaku a décelé dans les données radar de Kaguya des échos trahissant un vide souterrain intact. La JAXA évoquait alors un tunnel d'environ 50 kilomètres longeant un ancien chenal de lave.
Sous plusieurs dizaines de mètres de roche, un tel refuge protégerait des radiations, des micrométéorites et des écarts de température extrêmes, selon le communiqué de la Nasa.
Confirmer la présence d'un tunnel de lave d'envergure nous éclairerait sur le fonctionnement du volcanisme lunaire. Ces tunnels sont courants dans le volcanisme basaltique terrestre : en identifier sur la Lune nous permettrait de nous appuyer sur notre connaissance de ces grottes terrestres pour mieux comprendre l'histoire de notre satellite.
Même bredouille, GIMLI rapportera de quoi expliquer la formation du puits et lire, dans les couches de lave exposées sur ses parois, le rythme des éruptions passées.
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