À Nice, deux immeubles évacués après l’apparition de fissures : « Les dégâts sont importants »
Le bas de la rue Dabray, à l’angle avec la rue Trachel, s’est réveillé sous surveillance, ce mardi matin. Dans la nuit, deux immeubles ont été évacués après l’apparition de fissures jugées suffisamment préoccupantes pour mettre leurs occupants en sécurité. Un vigile y a été posté toute la nuit.
Quinze personnes ont été prises en charge par la Ville, tandis que le chantier voisin, au cœur des interrogations, a été arrêté.
Tout a commencé lundi soir, aux alentours de 19 h 30. Un habitant de l’un des deux immeubles, situé cours Bensa, aurait alerté un ouvrier travaillant sur le chantier d’une future résidence sociale, après avoir constaté que son bâtiment se fissurait dangereusement. Selon cet ouvrier, les pompiers ont été prévenus immédiatement.
Photo : Sébastien Botella / Nice-Matin
Sur place, les secours constatent les désordres et organisent progressivement l’évacuation des habitants. « Les fissures sont importantes », témoigne Stéphane Montagnon, président de l’association Quartier Saint-Étienne, qui habite lui-même dans l’immeuble voisin du chantier.
« On a vu arriver les pompiers, le gaz, les services de secours et les services de la Métropole. Une cellule a été mise en place avec un barnum pour recenser les gens. Les évacuations ont commencé petit à petit. Le dernier minibus a dû partir vers 22 h 30-23 heures », raconte-t-il.
La soirée s’est déroulée dans le calme. « C’était remarquablement organisé. Les gens ont été pris en charge, rassurés. Les rotations de minibus se faisaient sans cris, sans précipitation », poursuit le président de l’association. Un ingénieur spécialisé dans les structures aurait notamment procédé à des vérifications dans les appartements, les uns après les autres.
Les habitants ont d’abord été accueillis au centre AnimaNice Notre-Dame avant d’être orientés vers des solutions d’hébergement. Selon Éric Ciotti, maire de Nice, 15 personnes ont été prises en charge par les services municipaux et le centre communal d’action sociale. Treize habitants sont hébergés à l’hôtel, aux frais de la Ville ; deux ont trouvé une solution par leurs propres moyens.
Le chantier voisin arrêté
Ce mardi matin, aucun des habitants relogés n’était présent rue Dabray. En revanche, les équipes techniques étaient à pied d’œuvre. Éric Ciotti s’est rendu sur place aux côtés d’Auguste Verola, adjoint délégué à la culture et à l’état civil, ainsi que d’ingénieurs de la Ville.
Photo : Grégory Leclerc / Nice-Matin
Le chantier voisin est à l’arrêt. Il concerne la construction d’un immeuble de 24 logements locatifs sociaux, un projet porté par Logirem. Le permis de construire, délivré en octobre 2023, prévoit un bâtiment de quatre étages sur une parcelle de près de 600 m². Une immense foreuse de 35 mètres de haut - il n’en existerait que deux de cette taille en France - était ces derniers jours affairée à percer les fondations.
C’est précisément la proximité entre ce chantier et les immeubles évacués qui alimente les interrogations. « Le constat c’est que, potentiellement, ces fissures pourraient être liées au chantier de construction », a indiqué Éric Ciotti ce mardi matin.
Le maire évoque notamment des vibrations ressenties par certains habitants au moment d’un forage destiné à réaliser les fondations. Selon les informations communiquées par l’entreprise, un incident se serait également produit sur le chantier, avec du béton qui se serait échappé.
Mais aucune conclusion ne peut encore être tirée. « Je ne suis pas capable de le dire à ce stade, même si, d’évidence, il y a une forte probabilité. Mais ce sera au bureau d’études de le dire », a insisté Éric Ciotti.
Une expertise pour déterminer l’origine des fissures
Un bureau d’études technique doit désormais examiner précisément l’état des deux immeubles. Objectif : déterminer la nature des désordres, leur gravité et surtout établir ou non un lien avec les travaux voisins.
« Première étape, les études techniques. Deuxième étape, le diagnostic, le confortement s’il est nécessaire. Et ce sera à partir de là que le relogement sera possible », explique le maire.
Selon les premières estimations communiquées par la Ville, le diagnostic pourrait prendre une quinzaine de jours. Un retour des habitants dans leurs logements ne serait donc pas envisageable avant, au minimum, les conclusions de cette expertise et les éventuels travaux de sécurisation.
Photo : Grégory Leclerc / Nice-Matin
L’un des deux immeubles pourrait, selon Éric Ciotti, être réoccupé plus rapidement que l’autre. Mais là encore, aucune décision ne sera prise avant l’avis des ingénieurs.
Dans le quartier, Stéphane Montagnon se veut prudent. Habitant juste à côté du chantier, il indique n’avoir jusque-là « pas constaté de problème ». « Ils font les choses comme il faut. Ils travaillent beaucoup, ça c’est certain », souligne-t-il.
Pour l’heure, le chantier reste donc à l’arrêt et les deux immeubles demeurent évacués. Dans la rue Dabray, les prochaines heures seront consacrées aux expertises. C’est leur conclusion qui permettra de savoir si les fissures sont liées aux travaux voisins et, surtout, quand les habitants pourront retrouver leur domicile.