À Leuze, les vêtements invendus débordent des associations : "70 % des dons sont impossibles à valoriser"
Tout le monde a en tête ces images de bulles à vêtements qui débordent et des dépôts sauvages qui se multiplient tout autour. Cette réalité illustre une crise sans précédent qui frappe le secteur du textile. L'explosion des ventes en ligne (e-commerce) ou encore la fast-fashion qui inonde le marché de vêtements, parfois de piètre qualité, sont pointées du doigt.
On se souviendra qu'au milieu de l'été dernier, la Ressourcerie Le Carré avait été contrainte de fermer, durant plusieurs jours, ses dépôts de Mouscron, Tournai, Leuze, Ath et Lessines en raison d'un afflux exceptionnel de dons, notamment d'habits.
Un afflux de vêtements devenu ingérable
La grande majorité des communes sont confrontées à cette problématique, y compris à Leuze où le débat a été porté au conseil communal à la suite d'une question orale d'Olivier Picron (Idées). "Sur le territoire de notre entité, la Croix-Rouge et l'association Saint-Vincent-de-Paul jouent un rôle essentiel dans la collecte, le tri et la redistribution des vêtements au profit des personnes qui en ont besoin, soutient-il d'emblée. Lors des opérations de tri des dons, ces structures rencontrent de grosses difficultés car une partie de la marchandise déposée se trouve dans un état tel qu'elle ne peut plus être réutilisée ou redistribuée."
Un casse-tête logistique pour les associations
L'élu de l'opposition met en exergue la charge logistique importante que représente pour ces associations – reposant largement sur l'engagement de bénévoles – l'évacuation des articles de prêt-à-porter impossibles à (re) valoriser. Au-delà de ce constat, le Gallaisien Olivier Picron souhaitait interpeller le collège communal pour "savoir s'il serait possible pour la Ville de leur apporter un soutien logistique, via l'enlèvement dans le cadre des tournées de collecte ou par la mise à disposition d'un camion adapté."
Quelles solutions la Ville de Leuze peut-elle apporter ?
Son intervention est tombée à point nommé sachant que quelques jours plus tôt, une rencontre a eu lieu entre les autorités locales et les représentants de la Croix-Rouge, de Saint-Vincent-de-Paul et de la Ressourcerie Le Carré. "Ces trois acteurs ont fait part de leurs difficultés à stocker leurs invendus qui s'élèvent à environ 70 % des dons ! Ils ont demandé de trouver des solutions face à un phénomène qui va encore s'amplifier", indique l'échevin Jacques Dumoulin.
Vers un conteneur spécifique au recyparc ?
Si des mesures de soutien existent déjà pour les opérateurs de collecte et de tri des textiles usagés, la mise en œuvre d'un régime de Responsabilité Élargie du Producteur (REP) textile n'est attendue qu'au printemps 2028.
D'ici là, la coalition leuzoise à la tête de la Commune (MR-PS) n'entend pas rester les bras croisés et agir en conséquence. "Le collège examinera prochainement les possibilités d'assurer une aide logistique via, par exemple, la mise à disposition de sacs employés par le service technique. Notre bourgmestre s'est par ailleurs engagé à contacter Ipalle pour voir si dans leurs flux de déchets, il est envisageable d'installer un conteneur dédié aux vêtements au sein du recyparc", précise enfin l'échevin libéral de l'Environnement.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.