À l’ONU, Zelensky déplore la fin des sanctions contre deux oligarques russes après une demande de la France
La France avait demandé à l’UE que les noms d’Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman soient retirés de la liste des personnalités russes sous sanctions.
Par Sarah Coulet avec AFP
Une décision qui ne passe pas. Lors de son discours à la tribune de l’ONU ce mercredi 23 septembre, le président ukrainien a critiqué la France qui a fait pression à Bruxelles pour lever les sanctions contre l’oligarque russe Alicher Ousmanov, un proche de Vladimir Poutine, en échange de la libération d’un Français détenu en Azerbaïdjan.
Après d’âpres discussions entre les membres de l’Union européenne les noms des deux milliardaires ont été retirés de la liste des personnalités russes sous sanctions, mardi 22 septembre. Quelques heures plus tard, Martin Ryan, emprisonné depuis près de 3 ans, a été gracié par le président azerbaïdjanais.
« Quand quelqu’un dans le monde affaiblit les sanctions contre les oligarques russes, cela peut rendre la vie plus confortable pour les Russes riches, mais cela donne aussi plus de temps à la guerre, plus de temps à Poutine. [...] Les revenus de la Russie doivent donc rester une cible », a-t-il martelé.
Face à cet engrenage, « notre cible, c’est la capacité de la Russie à financer cette guerre, à la prolonger, à la rendre plus brutale et plus destructrice », a-t-il souligné. « Quand la Russie a de l’argent, elle dit toujours non, non à la diplomatie, et c’est aussi une forme de veto contre la paix, pas un droit officiel, mais bien réel ».
« Les guerres se terminent grâce à la détermination et à la force, pas par des concessions à l’entourage de l’agresseur », avait-il déjà dénoncé mardi 22 septembre, en marge d’une rencontre avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
« Il est le patient zéro »
Le président ukrainien a ensuite alerte contre la « folie » de Vladimir Poutine, interpellant la communauté internationale sur le sort des dizaines de milliers de soldats de 47 pays, dont la Corée du Nord, envoyés auprès des soldats russes. « Y a-t-il encore quelqu’un pour penser qu’il est raisonnable et modéré ? », a-t-il poursuivi. Par contraste, il a fait état de deux soldats nord-coréens faits prisonniers par l’Ukraine et qui ont été envoyés en Corée du Sud.
« Il est le patient zéro, celui à partir duquel cette idée de guerre ne cesse de se propager ». Ce mercredi 23 septembre, du haut de la tribune de l’ONU, Volodymyr Zelensky a dénoncé la « folie » meurtrière du président russe Vladimir Poutine, exhortant ses alliés à maintenir les sanctions contre Moscou, seule manière de couper le robinet de la guerre.