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  • 2026-08-03 16:50:00 +0000 UTC

    Aug 03, 2026

    À l’ombre de l’IA, un «RAMageddon» s’abat sur l’électronique grand…

    Délaissé par les fabricants dans leur course à l’IA, le type de composants mémoire RAM qui alimente des légions d’appareils grand public se fait de plus en plus rare en rayons et s’affiche à prix d’or, sous les yeux de clients perplexes.

    Dans sa boutique du Wan Chai Computer Centre de Hong Kong, In-Technology Services, Wade Lam placarde des articles de presse sur cette pénurie mondiale à côté de ses produits, pour informer ceux « qui ne savent pas ce qui s’est passé ».

    Ordinateurs portables, téléphones cellulaires, appareils connectés, pièces détachées… : la flambée est un effet secondaire de la ruée vers l’intelligence artificielle (IA), qui monopolise de plus en plus l’attention des industriels avides de bénéfices.

    L’automobile pourrait être le prochain secteur touché, et la crise est loin d’être terminée.

    Elle s’explique par le fait que les fabricants de puces se tournent vers la production de mémoire à large bande passante (HBM), un type de mémoire informatique plus avancé et très demandé pour entraîner et faire fonctionner les outils d’IA.

    Le directeur financier du géant sud-coréen Samsung Electronics a prévenu cette semaine que les pénuries devraient s’aggraver en 2027 et rester critiques jusqu’en 2028.

    La crise a été surnommée « RAMageddon », en référence à la RAM, ou mémoire vive, indispensable à nombre d’appareils électroniques.

    Ken Tam, gérant d’une autre boutique du Wan Chai Computer Centre, dit que son chiffre d’affaires a diminué de moitié depuis le début des hausses de prix, en septembre dernier.

    5 à 6 fois plus cher

    16 gigaoctets de mémoire vive coûtaient auparavant entre 300 et 400 dollars de Hong Kong (entre 54 et 72 dollars canadiens environ), mais le prix atteint maintenant 1500 dollars hongkongais (près de 270 dollars canadiens), souligne-t-il.

    « Quand les prix deviennent soudainement si élevés, les clients font un blocage psychologique », raconte M. Tam à l’AFP.

    « S’ils en ont besoin, ils l’achèteront. » Mais dans le cas contraire, ils préféreront attendre, ou « reverront leurs exigences à la baisse » en achetant des barrettes moins performantes.

    Selon Ellie Wang, du cabinet d’études de marché taïwanais TrendForce, les prix des puces mémoire pour ordinateurs et cellulaires ont été multipliés par cinq à six par rapport à l’année précédente.

    Le boum de l’IA a généré des bénéfices colossaux et une envolée du cours des actions pour les trois premiers fabricants mondiaux de puces mémoire : les Sud-Coréens Samsung Electronics et SK Hynix, ainsi que le géant américain Micron.

    En quatrième position figure ChangXin Memory Technologies (CXMT), devenue l’entreprise la plus valorisée de Chine continentale depuis son introduction en Bourse à Shanghai, un autre signe de l’effervescence extrême du secteur.

    La mémoire de type HBM est utilisée dans les serveurs des centres de données pour prendre en charge d’autres puces puissantes, telles que celles fabriquées par le géant américain des cartes graphiques Nvidia, qui exécutent les calculs d’une complexité vertigineuse des systèmes d’IA.

    « En position de suiveur en ce qui concerne les technologies de pointe » selon James Zhao, analyste principal chez Omdia, CXMT pourrait néanmoins tirer des « avantages de retardataire » sur les segments de la RAM conventionnelle et de la DRAM (mémoire vive dynamique), dans un « environnement actuel du marché marqué par des contraintes d’approvisionnement ».

    « L’envie d’acheter un nouvel ordinateur m’a quitté »

    Dans un centre commercial d’un autre quartier de Hong Kong, Henry Wong, qui travaille en banque d’investissement, a choisi d’améliorer la RAM d’un ordinateur portable plus ancien plutôt que d’en acquérir un neuf doté de caractéristiques encore meilleures.

    « Après avoir mis la mémoire à niveau, j’ai trouvé qu’il fonctionnait vraiment de manière fluide, et l’envie d’acheter un nouvel ordinateur m’a quitté », affirme-t-il à l’AFP.

    À Tokyo, Charles Brousse, graphiste belge en voyage de noces, juge « ridicules » les prix de la RAM et des cartes graphiques (qui embarquent de la mémoire vidéo, VRAM).

    Il estime que cette flambée peut pousser les consommateurs vers des appareils moins chers et plus rapidement dépassés, ce qui « entretient plus le cycle de la consommation ».

    Avec Katie Forster, à Tokyo

    2026-08-03 16:50:00 +0000 UTC