À Clermont-Ferrand, Mélenchon fait salle comble pour dénoncer « l’ignominie » Parcoursup

Nouvelle démonstration de force militante pour La France insoumise. À Clermont-Ferrand, Jean-Luc Mélenchon a rempli les 10 000 places du Zenith, sans compter la foule amassée dehors pour suivre le meeting sur un écran géant. Sans surprise, le leader insoumis a renouvelé ses encouragements appuyés au mouvement de colère lycéen, dont il a loué la « très grande maturité politique et syndicale ».

« Parcoursup doit être aboli », a martelé Jean-Luc Mélenchon à propos de cette plateforme d’affectation dans l’enseignement supérieur, massivement rejetée par les lycéens. « Nous ne sommes pas pour la sélection à l’université », a insisté le quadruple candidat à la présidentielle, qui a rappelé sa volonté d’instaurer le droit de vote à 16 ans, pour favoriser le « respect » de la jeunesse. Selon un récent sondage Ipsos, 41 à 43 % des électeurs de 18 à 24 ans certains d’aller voter se prononcent pour le tribun insoumis de 75 ans pour 2027.

Au revoir Attal, bonjour Philippe

Si dans son discours M. Mélenchon s’en est pris plusieurs fois à la favorite des sondages pour 2027, Marine Le Pen, il n’a en revanche que brièvement mentionné Gabriel Attal, qui avait tenu la veille un meeting à Lyon et avec qui LFI entretenait un duel à distance depuis plusieurs mois, dans l’idée de fragiliser la candidature concurrente de l’autre ancien Premier ministre Édouard Philippe.

« Vous êtes un peu dur de dire que vos amis les policiers tirent à coups de canon sur les jeunes. Non, ils se contentent de les tabasser, de les éborgner, de les mutiler », a accusé Jean-Luc Mélenchon, en référence aux propos de M. Attal, qui avait assuré que LFI utilisait les lycéens comme de la « chair à canon ».

Dans un ping-pong de messages sur X avec M. Mélenchon, le candidat Renaissance avait proposé un débat télévisé au leader de la gauche radicale. « Vous êtes trop outrancier et injurieux. Et puis, vous pourriez devoir vous désister bientôt pour monsieur Philippe. Je verrai avec lui », lui avait répondu, moqueur, l’Insoumis. « On va se poser la question de savoir si Gabriel Attal est vraiment candidat à l’élection présidentielle », a insisté devant la presse son bras droit, le coordinateur de LFI Manuel Bompard.

Annuler une partie de la dette

Sur scène, dimanche, le tribun de gauche radicale a pris argument de la grogne lycéenne pour s’en prendre plus largement au néolibéralisme. « Ce mouvement est le cri qui annonce la fin d’une période dont ils ont été les victimes (…) Les néolibéraux sont partis de l’idée qu’ils voulaient se débarrasser de l’école comme service public », pour constituer un « marché » de l’éducation.

Le candidat insoumis est également revenu dimanche sur un de ses sujets de prédilection : la dette. « Je suis le seul à avoir dit comment on pouvait commencer à (la) rembourser », a-t-il assuré, en revenant sur sa proposition d'« annuler » la partie de la dette française détenue par la Banque centrale européenne. « Si vous baissez la quantité de dette que nous avons, la confiance reviendra. »

Les « oubliés »

« Nous sommes le camp des sans paroles, des humiliés, des oubliés », a également clamé Jean-Luc Mélenchon pendant ce meeting, où a été diffusée une vidéo de soutien de Robert Guédiguian, le réalisateur marseillais, qui avait déjà appelé à voter pour le candidat de gauche radicale dans le passé.

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Les Insoumis tiendront une grande « convention » dédiée à leur programme présidentiel au Bourget (Seine-Saint-Denis) le mois prochain, avant un meeting en décembre au Havre, ville d’Édouard Philippe, principal adversaire de Jean-Luc Mélenchon à l’accession au second tour selon les sondages.