« À 8 ans je voulais vivre à Cannes, et ne pas mourir ailleurs » : les obsèques de Philippe Bouvard sont célébrées ce lundi à Cannes

Découvreur de talents au flair infaillible, bon vivant à la plume acérée et stakhanoviste du bon mot. Philippe Bouvard aura incarné pendant plus d’un demi-siècle l’esprit français dans ce qu’il a de plus brillant et de plus populaire.

Les obsèques de ce monument de la presse écrite, de la radio et de la télévision, décédé le 24 août 2026 à l’âge de 96 ans, se dérouleront ce lundi 31 août 2026 à 15 heures, en l’église Notre-Dame-de-Bon-Voyage (1 rue Notre-Dame) à Cannes. L’inhumation suivra à 17 heures au cimetière de la ville.

Il a mené parallèlement une carrière de journaliste de presse écrite au Figaro puis à France Soir, de radio comme pilier indétrônable des Grosses Têtes sur RTL et de télévision avec notamment Le Théâtre de Bouvard, marquant des générations par sa verve, son sens de la repartie et son irrévérence mordante.

Une vie cannoise entre passion, casinos et liberté

Mais au-delà des studios parisiens, c’est à Cannes que battait le cœur de cet éternel amoureux de la Côte d’Azur. Arrivé pour la première fois sur la Croisette dans sa jeunesse, il avait eu le coup de foudre pour les palmiers et la Méditerranée, se promettant de n’y vivre que le meilleur.

De sa villa sur les hauteurs de La Californie jusqu’à son dernier appartement du centre-ville, Philippe Bouvard menait dans la cité des festivals une vie de penseur jouisseur : habitué des casinos, gourmand de bons restaurants et fidèle éditorialiste de Nice-Matin pendant quatorze ans.

Il y accueillait ses amis, – de Bernard Tapie paradant en Rolls-Royce pendant le Festival, à David Lisnard. Son soutien affirmé au maire incarne d’ailleurs l’un de ses derniers engagements.

Un hommage vibrant sur les terres de son enfance

Un hommage poignant lui avait d’ailleurs été rendu en décembre 2024 au théâtre Croisette à Cannes lors de la projection du documentaire Les mille et une vies de Philippe Bouvard. Très affaibli mais l’esprit toujours aussi affûté, il avait été ovationné par le public et avait confié avec émotion : « À 8 ans je voulais vivre à Cannes, et ne pas mourir ailleurs ».

C’est ainsi que la ville de ses vacances enfantines et de ses plus belles années lui dira un dernier adieu ce lundi. Cet agnostique convaincu, qui se riait de la mort et avait imaginé pour seule épitaphe « Il y est passé comme les autres », laisse le souvenir d’un styliste hors pair et d’un géant de l’audiovisuel.