Crise migratoire à Ceuta: 60.000 migrants ont passé la frontière, 25.000 sont déjà retournés au Maroc
Kevin Dupont
Source: Belga, AFP
31 juillet 2026, 13:10Dernière mise à jour: 14:03
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📌 Ce qu’il faut retenir
• Quelque 60.000 migrants sont entrés à Ceuta ces derniers jours, estime le gouvernement local de l’enclave espagnole.
• Au total, 34 personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta.
• L’Italie veut exclure l’Espagne de l’espace Schengen. En réaction, Madrid a convoqué l’ambassadeur italien.
• Selon El País, la crise actuelle serait liée à une fausse information circulant sur les réseaux sociaux affirmant que la frontière entre le Maroc et l’Espagne était ouverte, ainsi qu’à la “passivité des forces de l’ordre marocaines” sur place.
• Plusieurs crises migratoires similaires ont déjà éclaté par le passé entre Madrid et Rabat, parfois pour des motifs politiques sous-jacents, entraînant de multiples tensions entre l’Espagne et le Maroc. Ce nouvel épisode intervient après une visite de Pedro Sánchez le 20 juillet en Algérie, le pays rival du Maroc.
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14:28
Le Danemark invite l'UE à envisager de suspendre l'Espagne de Schengen
La Première ministre danoise Mette Frederiksen (Parti social-démocrate) a jugé vendredi que l'Union européenne devrait envisager de suspendre l'Espagne au sein de l'espace Schengen après l'entrée illégale de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta en provenance du Maroc ces derniers jours, rejoignant ainsi les positions italienne et finlandaise.
"Il va de soi que l'UE doit immédiatement prendre toutes les mesures nécessaires et envisager toutes les options, y compris une suspension de la coopération Schengen. Une immigration incontrôlée constitue une menace pour l'Europe et pour le Danemark", a estimé Mme Frederiksen dans une déclaration envoyée à l'AFP.
Qualifiant les images en provenance de Ceuta de "choquantes", elle a indiqué s'être déjà entretenue avec la cheffe du gouvernement italien d'extrême droite, Giorgia Meloni, qui a proposé de fermer l'espace Schengen à l'Espagne. "Nous rassemblons des dirigeants européens pour discuter de la situation", a-t-elle précisé.
14:05
Le Royaume-Uni propose son aide à l'Espagne
Le gouvernement britannique est en contact avec les autorités espagnoles pour leur proposer de l'aide face à l'afflux ces derniers jours de migrants en provenance du Maroc dans l'enclave de Ceuta, a indiqué vendredi le Premier ministre Andy Burnham.
"Il s'agit bien sûr avant tout d'une question relevant de la compétence du gouvernement espagnol, mais cela suscite des inquiétudes", a déclaré le dirigeant travailliste à des journalistes. "Nous prenons actuellement contact avec le gouvernement espagnol, les autorités espagnoles, afin de leur apporter notre soutien, mais aussi pour mieux comprendre les implications de cette situation", a-t-il ajouté, sans préciser l'aide proposée.
14:02
25.000 migrants ont déjà quitté Ceuta
Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé vendredi que 25.000 migrants avaient quitté l'enclave espagnole de Ceuta, située au Maroc, où 60.000 personnes sont arrivées ces derniers jours.
"Départs de Ceuta vers le Maroc dans la matinée du 31 juillet, jusqu’à 13 h: 25.000. Les départs depuis Ceuta se font à un rythme de 150 personnes par minute", a écrit le ministère de l'Intérieur dans un message transmis à l'AFP.
14:00
Merz demande au Maroc de "reprendre immédiatement les migrants en situation irrégulière"
Le chancelier allemand Friedrich Merz a déclaré vendredi attendre du Maroc qu'il "reprenne immédiatement les migrants en situation irrégulière" après l'afflux de dizaines de milliers de personnes vers l'enclave espagnole de Ceuta.
"L'Espagne veut et doit reprendre la situation à Ceuta en main le plus rapidement possible. Je salue donc l'intention de l'Espagne de ne pas laisser les migrants en situation irrégulière accéder au continent européen", déclare le dirigeant conservateur dans un communiqué. "La protection des frontières extérieures de l'UE est déterminante pour la lutte contre la migration illégale. J'ai l'attente claire vis-à-vis de tous les États membres qu'ils s'acquittent de ce devoir", insiste le chancelier.
Berlin demande aussi l'application immédiate et complète du règlement sur les retours de migrants, approuvé en juin par le Parlement européen. Cette réforme, qui concerne les déboutés du droit d'asile, inclut la possibilité pour les États membres de conclure des accords pour installer des centres de rétention hors des frontières de l'UE.
13:53
Environ 60.000 migrants sont arrivés à Ceuta: au moins 34 sont morts
Le président du gouvernement local de l'enclave espagnole de Ceuta au Maroc a annoncé que 60.000 migrants avaient passé la frontière entre le Maroc et Ceuta ces derniers jours, soit "l'équivalent de la population locale".
"Les estimations montrent qu’environ 60.000 personnes sont entrées dans notre ville pendant cet épisode. Cela représente 70 % de la population de Ceuta. Pour vous faire une idée (...) c’est comme si en 24 heures, 34 millions de personnes entraient sur le territoire espagnol. Evidemment, ce chiffre montre qu’il est impossible d’absorber cette pression", a expliqué Juan Vivas lors d'une conférence de presse.
Au moins 34 personnes sont mortes en tentant le passage, a précisé le président de Ceuta. "Je veux également exprimer, de façon tout à fait sincère, au nom de nous tous, notre profond chagrin et notre douleur pour les 34 victimes", a déclaré Juan Vivas.
13:24
La France propose son aide à l'Espagne et renforce ses contrôles
Emmanuel Macron a demandé au ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, de "renforcer les contrôles à la frontière avec l'Espagne", après l'afflux ces derniers jours de migrants en provenance du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, selon son entourage.
Le chef de l'Etat a par ailleurs souligné que "la France se tient prête à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire, si celles-ci en expriment le besoin, y compris au travers (...) Frontex", l'agence de l'Union européenne chargée du contrôle des frontières, a-t-on ajouté de même source.
13:20
Le Maroc arrête une trentaine de jeunes
La police marocaine a arrêté vendredi matin une trentaine de jeunes, essentiellement des Marocains, à Fnideq, dans le nord du pays, selon un correspondant de l'AFP, après des heurts à proximité de la frontière avec l'enclave espagnole de Ceuta.
Des milliers de candidats à l'émigration ont afflué ces derniers jours et se sont massés sur des collines en surplomb de la zone frontalière d'où ils caillassent les forces de l'ordre locales. Celles-ci ont tenté de les disperser à plusieurs reprises, en les aspergeant avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Et au moins une trentaine de jeunes ont été interpellés, selon le journaliste AFP.
13:06
Von der Leyen dénonce des images "inacceptables" à Ceuta
La cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé vendredi des images "inacceptables" provenant de l'enclave espagnole de Ceuta, où affluent des dizaines de milliers de migrants depuis le Maroc.
"Il faut mettre fin immédiatement aux traversées dangereuses. Il faut démanteler les réseaux de passeurs. Et les expulsions doivent être rapides, comme le permettent nos règles", a-t-elle écrit sur le réseau social X.
La cheffe de l'exécutif européen annonce également avoir "chargé deux commissaires de soutenir le contrôle de la situation."
13:04
Sánchez parle de "violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne"
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a qualifié vendredi d'"attaque", de "violation de l'intégrité territoriale de l'Espagne" l'arrivée massive de quelque 40.000 migrants dans l'enclave de Ceuta depuis le Maroc.
"Le gouvernement de l’Espagne est aux côtés de la ville de Ceuta. Et nous comprenons l'émotion, la situation d’angoisse qu’ils vivent depuis ces dernières heures, en particulier depuis aujourd’hui", a déclaré le Premier ministre socialiste en visite à Ceuta, avant de "qualifier ce qui s’est passé hier d’attaque, d’atteinte à l’intégrité territoriale de l’Espagne".
Pedro Sánchez estime en outre que la crise migratoire était liée à une interprétation malhonnête "par les mafias" d'une récente décision de justice statuant sur la reconduite des migrants arrivés par la mer. "Ce qui ressort des échanges que nous avons eus avec les autorités marocaines, c’est une lecture intéressée que les mafias de trafiquants d'êtres humains ont fait d’un arrêt de la Cour suprême" espagnole, a-t-il dit. Selon cet arrêt, "il n'est pas possible de reconduire à la frontière les personnes qui seraient arrivées en Espagne par la mer", a expliqué Pedro Sánchez, ajoutant que "cette interprétation" s'était "répandue comme une traînée de poudre ces dernières heures".
12:34
Qu'est-ce qui a causé la crise migratoire? La thèse de la rumeur virale tend à se confirmer
Lorsque Fatima Zahra a "entendu dire" que la frontière avec l'Espagne était ouverte, elle a décidé de tenter sa chance. Comme elle, après des rumeurs amplifiées par les réseaux sociaux, des milliers de Marocains se sont rués sur Fnideq, la ville marocaine qui jouxte l'enclave espagnole de Ceuta.
Comment cet afflux a-t-il vraiment commencé? Difficile d'identifier l'élément déclencheur, mais plusieurs personnes interrogées par l'AFP ont évoqué un bouche-à-oreille sur l'ouverture des frontières et une grande quantité de publications sur les réseaux sociaux ou des plateformes très utilisées par les jeunes comme Discord.
"J'étais à Tanger, où je travaillais. Je me suis réveillée le matin et j'ai entendu dire que (le poste frontalier de) Sebta (Ceuta, NDLR) avait ouvert à 22 heures (21H00 GMT, mercredi soir)", explique Fatima Zahra, qui précise avoir été prévenue par des amis. "A ce moment-là, j'ai dit à ceux qui étaient avec moi qu'on allait y aller pour travailler", a-t-elle ajouté. La jeune Marocaine a dit vouloir partir parce qu'elle travaille "dans des conditions épouvantables".
Tanger, à 70 km de Fnideq, est une grande ville industrielle et portuaire où sont installées de nombreuses usines notamment de voitures. "Nous nous sommes dit: tentons notre chance nous aussi", a dit Fatima Zahra. Mais contrairement aux milliers de personnes qui ont réussi à franchir la frontière vers Ceuta, seul territoire européen en Afrique avec l'autre enclave de Melilla, Fatima Zahra et d'autres Marocains ont été refoulés.
Karim, autre candidat malheureux à l'émigration, a confirmé que beaucoup de gens "étaient à leur travail et soudain ils ont entendu dire que les frontières étaient ouvertes, que des jeunes étaient entrés et tout le monde s'est retrouvé ici".
La télévision locale espagnole El Faro a diffusé des images montrant des jeunes, dont une adolescente, qui faisaient le V de la victoire après être passés en Espagne. Les réseaux sociaux ont largement relayé des images montrant de jeunes adolescents entrant dans Ceuta, parfois en simple maillot de bain et claquettes.
Abdelhakim, également renvoyé de Ceuta, a assuré avoir parcouru "14 km à pied à travers les montagnes" pour parvenir à la frontière dont il pensait lui aussi qu'elle était ouverte. "Une fois arrivés ici, on nous a dit de passer par la mer. Je me suis alors retrouvé complètement submergé et j'ai vu deux jeunes hommes (...) mourir sous mes yeux", affirme-t-il. "C'est là que j'ai reculé et me suis souvenu que j'ai deux enfants moi aussi et que je ne pouvais pas risquer ma vie", a-t-il poursuivi.
12:00
De nouveaux renforts policiers envoyés à Ceuta
Le ministère espagnol de l'Intérieur a annoncé vendredi l'envoi de nouveaux renforts policiers, dont des plongeurs et des bateaux, dans l'enclave de Ceuta au Maroc, où 40.000 migrants sont arrivés ces derniers jours, passant par la mer ou par la frontière terrestre.
Plusieurs dizaines de gardes civils et policiers vont être envoyés dans les prochaines heures, parmi lesquels huit plongeurs, un bateau et des drones, a indiqué le ministère, en pleine crise migratoire dans cette enclave qui forme l'une des deux frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe (avec l'autre enclave espagnole de Melilla).
11:59
La Finlande réfléchit aussi à exclure l'Espagne de la zone Schengen
"L'Espagne a totalement échoué à protéger la frontière extérieure de l'espace Schengen contre les infiltrations. Cette situation ne peut pas durer", a déclaré la ministre finlandaise de l'Intérieur, Mari Rantanen (Parti des Finlandais, extrême droite).
"Tous les pays européens doivent soutenir la proposition de Meloni. Les pays qui ne remplissent pas leur obligation de protéger la frontière extérieure ne peuvent pas être membres de l'espace Schengen."
11:57
La France renforce ses contrôles frontaliers à la frontière espagnole
Le ministre français de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré sur X sur des dispositions supplémentaires allaient être prises à la frontière avec l'Espagne "face à la situation constatée dans l’enclave de Ceuta". "Par ailleurs, j’active la Force Frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur", a précisé Laurent Nuñez.
11:14
De nombreux migrants quittent l'Espagne après être entrés à Ceuta
Le flux migratoire semble s'être inversé, rapporte El País. Des milliers de personnes regagnent en effet le Maroc après avoir brièvement pénétré en territoire espagnol, tandis que d'autres tentent encore de rejoindre l'Espagne par la mer. À l'heure actuelle, le nombre de personnes quittant Ceuta est bien supérieur à celui des personnes y entrant.
11:04
Une crise déclenchée par une fausse information sur les réseaux sociaux?
Selon El País, de nombreux migrants ont afflué vers Ceuta après avoir vu une fausse information sur les réseaux sociaux affirmant que la frontière avec l'Espagne était ouverte, ce qui expliquerait au moins en partie l'afflux migratoire constaté ces derniers jours.
Le quotidien espagnol explique aussi que les migrants profitent de la "passivité des forces de l'ordre marocaines" constatée sur place. Au vu de la situation chaotique à Ceuta, certains migrants seraient partis pour l'autre territoire espagnol situé en Afrique du Nord, Melilla. Pour l'heure, Rabat n'a pas fait de commentaire sur la situation à Ceuta, mais cette nouvelle intervient alors que début juillet, un arrêt de la Cour suprême espagnole a interdit le renvoi immédiat au Maroc des migrants arrivant à Ceuta par la mer.
Cette crise intervient après une visite de Pedro Sánchez en Algérie le 20 juillet, la première en quatre ans d'un chef du gouvernement espagnol après plusieurs années de brouille diplomatique entre Alger et Madrid. Au Maghreb, l'Algérie est le rival traditionnel du Maroc.
10:49
Le bilan humain monte à 19 morts pour cette semaine
Au moins 19 personnes ont perdu la vie ces derniers jours en tentant de rejoindre l'enclave espagnole de Ceuta à la nage depuis le Maroc, selon le dernier bilan officiel communiqué vendredi matin par les autorités espagnoles. Les 19 victimes ont été retrouvées aux abords de la digue frontalière, par laquelle des milliers de personnes affluent depuis la veille en provenance du pays voisin, précisent des sources policières. Ces dernières n'excluent pas que le bilan augmente.
Ces derniers décès font monter le bilan à 49 morts de migrants ayant tenté de rejoindre Ceuta à la nage depuis le début de l'année.
10:33
49.000 migrants ont franchi la frontière de Ceuta, annonce le ministre de l’Intérieur espagnol
Le ministère espagnol de l’Intérieur - relayé par Reuters - a déclaré vendredi que, selon ses estimations, quelque 49.000 migrants avaient pénétré dans l’enclave de Ceuta au cours des dernières 24 heures.
10:23
Un "flux constant" de migrants à Ceuta
Des "milliers" de migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta dans la nuit de jeudi à vendredi, a indiqué une source policière à l'AFP, assurant qu'il était impossible de les compter.
"Il y a eu un flux constant de personnes toute la nuit", et si les arrivées ont été moindres que pendant la journée, des migrants "ont continué à arriver la nuit et ils continuent d'arriver" vendredi matin, a précisé cette source. Au total, 18 personnes sont mortes en tentant de rejoindre l'enclave espagnole, a-t-elle ajouté.
10:22
Madrid dénonce la "démagogie" du gouvernement d'extrême droite de Giorgia Meloni
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Luis Albares, a dénoncé jeudi la "démagogie" de l'Italie qui a demandé la suspension de son pays de l'espace Schengen après l'arrivée massive de migrants dans l'enclave de Ceuta, et a convoqué l'ambassadeur italien en signe de protestation.
Le message du ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani "est inapproprié" de la part "d'un pays partenaire et ami dont nous attendons une solidarité européenne et non une démagogie partisane", a déclaré M. Albares sur le réseau social X, où il a ajouté qu'il convoquait "demain (vendredi) l'ambassadeur d'Italie" à Madrid.
10:21
L'Italie veut suspendre l'Espagne de l'espace Schengen
Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a dit jeudi vouloir suspendre l'Espagne de l'espace Schengen, après que des centaines de migrants sont arrivés illégalement jeudi dans l'enclave espagnole de Ceuta en provenance du Maroc.
"Je suis favorable à la fermeture de l'espace Schengen avec l'Espagne", a écrit sur X le vice-Premier ministre et chef de la diplomatie italienne, dénonçant "l'immigration irrégulière et incontrôlée".