500 millisecondes pour sauver le réseau : la folle centrale virtuelle d'EDF qui cumule batterie et barrage — Frandroid

EDF associe désormais des batteries lithium-ion à ses barrages hydroélectriques. À Baixas, dans les Pyrénées-Orientales, quatre conteneurs de batteries et dix centrales au fil de l’eau forment une centrale électrique virtuelle de 28 MW, chargée d’apporter de la flexibilité au réseau.

Solution de stockage d’EDF Power Solutions. // Crédits : EDF Power Solutions

EDF Power Solutions (ex-EDF Renouvelables), la filiale d’EDF dédiée aux énergies renouvelables, a inauguré le 11 juin sa première installation de stockage d’énergie par batterie en France métropolitaine, à Baixas, dans les Pyrénées-Orientales. L’installation se compose de quatre conteneurs de batteries lithium-ion, pour une puissance totale de 20 mégawatts (MW). C’est l’équivalent de plus de 8 000 batteries domestiques comme la Bluetti Elite 300 fonctionnant à pleine puissance (2 400 watts chacune).

Ces batteries travaillent de pair avec dix barrages hydroélectriques au fil de l’eau, répartis dans le sud de la France. Ensemble, ils forment le Stockage Énergie Catalan (SEC), une centrale électrique virtuelle d’une puissance de 28 MW. Le projet reste modeste à l’échelle du groupe, qui exploite déjà 1 GW de batteries à l’étranger et dans les territoires d’outre-mer non interconnectés. 

Le groupe EDF avait toutefois déjà installé une batterie en métropole quelques mois plus tôt. Le 6 janvier, il a inauguré une batterie de 15 MW sur sa centrale à cycle combiné gaz de Blénod-lès-Pont-à-Mousson, en Meurthe-et-Moselle, pour permettre à la centrale de livrer son électricité plus vite lors des pics de consommation. Baixas va plus loin : les batteries n’y épaulent plus une seule centrale, mais dix barrages répartis dans tout le sud du pays.

Une centrale électrique virtuelle pour stabiliser le réseau

Le principe de la centrale électrique virtuelle est simple : transformer plusieurs systèmes de stockage ou de production d’électricité de faible puissance en une ressource unique et pilotable. 

Les batteries prennent en charge les premières secondes, puis les centrales hydroélectriques prennent le relais de façon progressive. À la demande de RTE, le gestionnaire du réseau de transport, l’installation peut ainsi injecter ou absorber de l’électricité pendant quinze minutes au maximum. EDF ne précise pas, en revanche, la capacité de stockage des batteries en mégawattheures (MWh), la donnée qui dirait combien de temps elles tiennent seules à pleine puissance.

La centrale SEC réunit 20 MW de batteries et 8 MW provenant de dix centrales hydroélectriques au fil de l’eau. L’ensemble est piloté en temps réel par un logiciel développé par la R&D d’EDF, qui répartit la puissance et l’énergie disponibles entre les batteries et les barrages. 

Selon EDF, le dispositif réagit en une demi-seconde (500 millisecondes) et atteint sa puissance maximale en 30 secondes. Ces temps de réponse lui permettent de participer à la réserve primaire, le mécanisme dont RTE se sert pour maintenir la fréquence du réseau. EDF compte sur cette flexibilité pour mieux intégrer au réseau les énergies renouvelables non pilotables, comme l’éolien ou le solaire.

Le groupe ne prévoit pourtant pas de reproduire le montage ailleurs pour l’instant : « nous n’avons pas d’autre projet identique », a reconnu Catherine Bourg, coordinatrice stockage d’EDF Power Solutions, auprès de L’Usine Nouvelle.