3 floches, 2 buts encaissés, 1 énorme frustration latente : le Standard ou l’art de s’auto-saboter - RTBF Actus

Dimanche 25 octobre, 13h12.

A quelques minutes du coup d’envoi, l’ambiance est plutôt détendue aux abords de la Cegeka Arena. Cloisonnés dans la minuscule zone dédiée aux visiteurs, les supporters du Standard profitent des rares rayons de soleil que ce mois d’octobre a à leur offrir.

Même si elle a fait mal, la défaite, frustrante, contre Charleroi est oubliée. Tous veulent, vite, passer à autre chose. "Une revanche ? Oui mais on doit la prendre face à nous-mêmes, cette revanche" tonne, par exemple, cette supportrice liégeoise.

On le sent, on l’entend, malgré les résultats en chute libre (0/9), les Rouches gardent leur éternel optimisme. Du moins, en façade. Parce qu’au fil des questions, les doutes et les questionnements finissent, aussi, par germer. Inévitablement.

Dans l’œil du cyclone : Vincent Euvrard. Est-il encore l’homme de la situation au Standard ? Beaucoup estiment que oui. Qu’il apporte de la stabilité, de la sérénité et que cette mauvaise passe n’entache en rien son parcours en Bord de Meuse.

D’autres sont plus sceptiques. Manque de grinta, équipe sans personnalité, changements prévisibles, les reproches adressés au coach sont finalement assez nombreux. Et plusieurs d’entre eux avouent qu’ils ne seraient pas surpris de voir Euvrard remercié en cas de défaite à Genk. La 4e d’affilée en Pro League. Celle de trop ?

Sous pression en début de match, Euvrard reste fidèle à sa ligne de conduite habituelle. En bord de touche, il s’active, il invective, fait de grands gestes, conseille et recadre. Il faut dire qu’il a opté pour une inhabituelle défense à trois axiaux – en responsabilisant le revenant Dimitri Lavalée – et qu’il faut donc, vite, forcer les automatismes. Le début de match est d’ailleurs assez prometteur. Le Standard ne concède pas grand-chose. Tient tête à Genk dans cette bataille de l’entrejeu. Mais le reste de la rencontre, lui, est à l’image de la saison : teinté d’un vilain goût d’inachevé.

Parce que ce Standard a beau progresser, même montrer de belles choses par séquences, il a, aussi, un drôle de péché mignon : cette fâcheuse tendance à s’autosaboter.

Face à Genk, ce sont les démons habituels qui ont ressurgi. Cyniquement. Friabilité énorme sur phase arrêtée (8 buts sur 15 encaissés comme ça cette saison !) et erreurs individuelles impardonnables à ce niveau-là. Cocktail détonnant. Cocktail écoeurant.

Retour sur une cacophonie en trois temps. Acte 1, une floche collective sur un corner rentrant de Genk. Acte 2, une sortie kamikaze et ratée de Matthieu Epolo à la demi-heure. Acte 3, un excès de confiance grossier de Dennis Eckert Ayensa dans sa propre surface en fin de match.

Trois bourdes, trois modèles du genre qui coûtent cher à l’arrivée. Bilan de ce festival de cadeaux : 2 buts, 1 carton rouge et… trois points de perdus.

Et n’en déplaise à certains, Vincent Euvrard n’y peut rien, cette fois. Son changement de système, pour passer à une défense à trois, a plutôt bien marché. Ses trois changements, tous opérés d’un coup à la mi-temps, ont globalement apporté quelque chose.

Mention spéciale à Andi Zeqiri, qui a surgi au 2e poteau pour raviver la flamme liégeoise… alors qu’on pensait que les Liégeois avaient égaré leur briquet pour de bon. Tout sourire, le Suisse a ensuite paradé devant ses anciens supporters, pensant offrir un point précieux à son équipe. Il est vite retombé sur terre.

"C’est frustrant, tous ces efforts pour rien" résumait Vincent Euvrard à notre micro après le match.

Frustrant, le champ lexical est plutôt bien choisi. Parce que d’un pur point de vue du jeu, le Standard mériterait sans doute bien plus que 11 petits points sur 27.

Mais le jeu ne fait pas tout. Et le constat chiffré, lui, est implacable : aujourd’hui, les Rouches naviguent dans l’anonymat du ventre mou de Pro League et n’ont plus gagné en championnat depuis le 5 septembre.

D’aucuns diront que ce revers-ci est particulièrement frustrant au vu du scénario rocambolesque du match. D’autres diront qu’il s’inscrit dans la continuité d’une saison où on ne s’octroie visiblement aucun moment de bonheur. La vérité se situe, sans doute, entre les deux. Comme souvent avec le Standard. Passé maître dans l’art de surprendre quand on ne l’attend pas. Et de décevoir une fois qu’il semble enfin lancé.