25 juin 1967 : la tornade d’Oostmalle, un évènement qui pourrait se reproduire à l’avenir ? - RTBF Actus
Oostmalle, 1967 : une tornade dévastatrice
Fin juin 1967, les habitants d’Oostmalle, en province d’Anvers, vivent un véritable cauchemar. En quelques minutes, une tornade frappe une partie de la commune et laisse derrière elle un paysage de désolation. En une dizaine de minutes, les toitures sont arrachées et les arbres littéralement pliés sous la violence des vents. La particularité de l’événement est aussi son caractère extrêmement localisé. Les dégâts se concentrent sur une bande presque rectiligne, tandis que d’autres secteurs de la commune restent totalement épargnés.
Selon Pascal Mormal, météorologue à l’IRM, ce qui caractérise la tornade d’Oostmalle c’est l’intensité des vents. "Pour la Belgique, on est au niveau d’une tornade EF3. Donc on parle de ventes de 220 et 270 km/h. On considère que le village avait environ 900 habitations. La moitié au moins a été fortement endommagée et 117 habitations ont été pratiquement rayées de la carte. Donc c’était vraiment un événement très, très intense". Malgré l’ampleur des dégâts, aucune victime mortelle n’est à déplorer.
© Tous droits réservés
Des phénomènes difficiles à détecter
Si les tornades peuvent laisser des traces spectaculaires, elles ne sont pas nécessairement faciles à identifier. Contrairement à d’autres phénomènes météorologiques, elles ne sont pas directement détectées par les satellites ou les stations météo. Leur existence dépend souvent de ce qu’on observe au sol.
"S’il n’y a pas d’humains qui enregistrent ou qui se souviennent d’une tornade à un tel endroit, ou s’il n’y a pas de dégâts, parce qu’une tornade peut très bien se produire ailleurs que dans de l’urbanisation où il y aura forcément des dégâts, et bien on n’aura pas de traces de la tornade", explique Sébastien Doutreloup, climatologue à l’ULiège. En effet, si personne n’a pu observer le phénomène et qu’aucun dégât n’est constaté, il peut tout simplement ne laisser aucune trace dans les relevés météorologiques.
© Tous droits réservés
Quel avenir avec le réchauffement climatique ?
Au-delà de l’observation des tornades, une autre question se pose : comment ces phénomènes évoluent-ils dans un climat qui se réchauffe ?
"Avec le réchauffement climatique, les pôles se réchauffent beaucoup plus que l’équateur. Les masses d’air polaires deviennent de moins en moins froides et se rapprochent de plus en plus des températures de l’air subtropical. Cette différence de température diminue et la force potentielle des tornades et des orages qui en découlent diminue aussi", indique Sébastien Doutreloup. À terme, une diminution de ces contrastes thermiques pourrait donc réduire le potentiel de formation des tornades les plus puissantes.
Cela ne signifie toutefois pas que le risque disparaîtra. Une tornade reste avant tout un phénomène météorologique ponctuel. Même dans un climat plus chaud, les conditions nécessaires à sa formation peuvent encore être réunies localement. Le scénario qui se dessine est donc plus nuancé selon Sébastien Doutreloup : "Ça reste un phénomène météo, il est donc possible que ponctuellement, on puisse avoir des tornades encore violentes. Mais par contre, les tornades violentes vont aller en diminution parce que le réchauffement climatique fait son œuvre".
Le réchauffement climatique pourrait donc réduire progressivement la fréquence des tornades les plus puissantes, sans pour autant faire disparaître le risque de tornades violentes.
>> Découvrez le reportage "Météo noire jaune rouge : 25 juin 1967, la tornade d’Oostmalle" ci-dessus ou dans l’émission "Quel Temps pour la Planète" de ce vendredi 21 août 2026 sur RTBF Auvio.
© Tous droits réservés